Déconnexion totale à Ibiza en Avril

Quand mon chéri m’a proposé un séjour à Ibiza début Avril, je suis d’abord restée sceptique. Emotion renforcée par les avis qui ont suivi :  « Mais ça va être mort ! » « Vous allez vous ennuyer ! »…

 C’est vrai qu’en dehors du fait qu’elle reçoive chaque été des milliers de jeunes pour faire la fête, Ibiza ne fait pas beaucoup parler d’elle.

En fait, je n’ai même jamais trouvé un seul article sur d’autres blogs parlant de l’île en elle-même.

Partante pour prouver le contraire aux plus perplexes, c’est pleine d’espoir que j’ai commencé à faire ma valise.

Oui, mais on emporte quoi à Ibiza en Avril ? Un short mais un jean, des sandales et des baskets, et puis un maillot pour conjurer le sort. En fait, un sac mi été mi printemps (printemps du Sud de la France j’entends).

On refuse d’ouvrir un guide, cette fois on décide de ne rien prévoir de notre séjour. C’est seulement l’après midi même du départ que l’on fait un tour sur Internet pour trouver un semblant de plan. Un brouillon que l’on oubliera vite au fil du séjour.

Après quelques mois de trêves voyalistiques, on décide de se laisser porter complètement par notre destination. Suivre les routes selon notre intuition, s’arrêter dans le plus petits villages pour y chercher « le truc à voir », repartir cinq minutes ou des heures plus tard selon ce que dit notre cœur, bref on recherche la liberté !

A l’aéroport, première surprise, il n’y a pas que des jeunes tout juste majeurs, il y a aussi des familles, des retraités, des enfants,  des gens de tous les âges, qui viennent pour toutes sortes de raisons.

Après avoir récupéré notre voiture louée pour 30 euros les 4 jours (0.50 centimes par jour si vous avez plus de 25 ans, oui oui, vous avez bien lu) nous arrivons à notre hôtel où cette fois, nous avons vu grand, plusieurs étoiles, grand appartement, vue mer et même une piscine. Piscine qui m’a fait rêver le jour de la réservation mais vers laquelle je ne m’aventurerai finalement pas, l’eau est encore bien trop fraîche en Avril. Les hôtels aussi sont bradés, 50 euros par nuit pour celui-ci, on aurait même pu trouver moins cher.

 Ibiza, c’est déjà une capitale : Eivissa (Ibiza), ville en grande partie piétonne, où les magasins de vêtements croisent les restaurants et bars. A cette période, bon nombre sont encore fermés, ce qui n’ôte rien de son charme.

Nous arrivons le lundi matin, les quelques discussions que l’on surprend parlent « travail », les quelques passants promènent leurs chiens. Nous semblons être les deux seuls touristes à se promener ici.

 Le centre a un charme fou, nous allons découvrir le point de vue qui surplombe la ville, en haut du château et de ses remparts. La vue est superbe, les maisons construites les unes sur les autres, de l’autre côté la mer s’étend à perte de vue.

 En descendant à nouveau, les murs blancs et les portes colorées nous rappellent les Cyclades, nous tombons amoureux de ce qui est sous nos yeux, avec cette phrase en tête « on ne savait pas que c’était si beau ». Nous nous perdons au milieu des ruelles, les enchainant toutes, revenant même sur nos pas pour ne pas en perdre une miette.

Le long du port, la promenade est tout aussi calme et agréable, nous nous arrêtons pour manger, l’un des seuls restaurants ouverts est un délicieux italien. Difficile de trouver une paella à déguster sur l’île, je ne crois pas que ce soit lié à la saison, ce n’est juste pas trop la spécialité ici.

L’après midi, une idée nous revient en tête, depuis que les panneaux publicitaires ont attisé notre curiosité un peu partout sur la route reliant l’aéroport au centre ville nous avons un objectif : trouver le Pacha ! Le fameux club d’Ibiza… Il faut s’éloigner du centre mais après vingt bonnes minutes nous arrivons devant ce lieu tant convoité. C’est là au milieu de quelques immeubles éparses,  que l’on tombe sur cette boîte légendaire. C’est Gmaps qui nous l’indique plus que l’endroit en lui-même duquel rien ne transparait. Pas de nom, rien n’est visible de l’extérieur, tout est fermé. Le lieu décuve encore de ces dernières soirées d’Octobre, nous le laissons tranquille.

La ville est concentrée sur cette partie piétonne en hauteur, et puis il faut redescendre de l’autre côté de la ville pour se promener sur le bord de mer. Quelques bars sont ouverts, beaucoup sont en rénovation, nous profitons de la plage presque déserte (une expression que je risque d’écrire quelques fois). On ne met que les pieds dans l’eau mais le bonheur est bien là. Le fond de musique, l’étendue azur que rien ne vient perturber, je distingue enfin la saveur de l’instant présent.

Ce n’est pas évident de se mettre tout de suite dans le rythme des vacances, d’oublier ses préoccupations, ne plus se surprendre à penser au futur, à notre retour ou au passé. A Ibiza, il faut dire que le lieu nous invite au lâcher prise et on se laisse prendre assez vite au jeu.

 

D’un point de vue pratique, nous sommes surpris de voir le nombre de parkings gratuits et de places disponibles à deux pas du centre ville. Comme louer une voiture pour découvrir l’île semble une priorité, si vous venez en Avril, aucun problème à l’horizon, les routes sont très accessibles, tout est indiqué et on trouve une place facilement.

 Dès ce premier jour, j’ai retrouvé les couleurs de la Grèce, les roches longeants le bord de mer comme dans les Alpes maritimes, la couleur de l’eau des Caraïbes par et l’ambiance caliente de l’Espagne. Tout est réuni dans ce patchwork unique pour se laisser émerveiller.

Le lendemain, nous partons à la conquête de l’Ouest. Direction Santa Gertrudis , un charmant village au cœur de l’île, où nous nous promenons en prêtant attention aux détails, une devanture colorée, des suspensions en terrasse, et toujours un profond calme que rien ne vient perturber. Une jolie place est au cœur du village, lieu idéal pour prendre son café à la hâte comme de nombreux habitants semblent faire en ce mardi matin.

Nous, nous reprenons la route et montons jusqu’à Sant Miquel, un lieu qui n’était pas dans les plans, mais pour lequel nous tombons aussi sous le charme. La place de l’Eglise nous rappelle l’île de Paros et ses maisons blanchies à la chaux. Deux jeunes enfants s’amusent sur leur terrasse, un homme profite des premiers rayons de soleil de la journée. Au-delà de ça, pas un bruit. On pourrait presque entendre notre souffle s’accélérer au fil de nos pas dans ces ruelles escarpées. Le village est posée là, en hauteur, offrant un point de vue dominant l’île.

Nous nous arrêtons aussi à Sant Mateu, où ne nous trouvons rien d’autre qu’un restaurant où deux cyclistes se sont arrêtés, la serveuse nous regarde  d’un air méfiant, nous faisons un tour en quelques secondes, il n’y a absolument rien à voir et nous en rions.

Pris par un je ne sais quoi, nous filons découvrir le Port de Sant Miquel. Sur place, seulement deux trois barques à l’abondon sur la rive, mais le paysage est splendide. Nous marchons le long du bord de mer, encore une fois, complètement seuls, avec ce trésor sous les yeux que l’on garde pour nous.

Retour sur la route tortueuse où nous ne croisons qu’une voiture ou deux, en dehors des fruitiers et des vignes, une maison se glisse ici ou là, et rien d’autre. La musique qui s’échappe de notre voiture vient animer quelque peu cet environnement d’un calme pur et ressourçant. La liberté, voilà, nous y sommes ! Seuls au monde, parfaitement à notre place, nous nous surprenons à discuter des feuilles des arbres et de la façon dont le cycle de la nature s’enchaine selon les saisons, nous apprécions la terre rouge dans laquelle pousse des citronniers, le vert des feuilles qui viennent tout juste de renaître après l’hiver. Des paysages communs chez nous, qui, ici, sur cette route, semblent soudains si particuliers et extraordinaires.

Le voyage ne fait que commencer…