Les actualités: comment s’en détacher pour rester positif?  

Nous vivons dans une période tourmentée où  il est  impossible de vivre avec des œillères. Dernièrement, l’attentat de Paris ou de Nice nous ont tous profondément touchés.

Tandis que de nombreuses personnes ont été directement confrontées à ces évènements, une vague d’empathie de la part de toute une population s’est mise en place. Derrière cela, le besoin de soutenir bien sûr, mais aussi l’envie de donner du sens au milieu de ce tumulte.

Mais voilà, les histoires s’enchaînent et se répètent. Chaque jour, nous sommes témoins via les médias ou les réseaux sociaux, d’un nouvel évènement qui montre que notre monde dérape. A la longue, connaitre ces informations peut entraîner une impression de perte de contrôle, une perte d’espoir et une morosité.

C’est pourquoi j’ai voulu aujourd’hui vous faire part de ma façon de gérer ces informations afin qu’elles n’affectent pas votre positivité et votre moral.

Faire du tri dans les informations qu’on perçoit.

C’est un fait, nous vivons dans un monde hyper-connecté. Chaque jour, les médias nous gavent d’informations toutes plus tristes les unes que les autres. S’en suivent de longs documentaires où l’on explore un peu plus les coulisses de tel drame,  où l’on témoigne encore de l’horreur en nous laissant avec au point final un terrible frisson dans le dos. En zappant, on a maintenant accès à l’information 24h/24h. Le téléphone posé sur la table pour tenter de respirer une minute, celui-ci se rallume sans cesse pour nous prévenir d’une nouvelle information, notifié par une appli que l’on a pourtant volontairement téléchargé un jour.

On s’est laissé noyer par l’information et de nos jours, il faudrait vivre dans une grotte pour ne pas être au courant de tout.

 Ma première solution et celle que j’ai adopté a été de faire du tri dans les informations regardées. Je regarde très rarement le journal télévisé, je préfère lire un journal papier où je choisis moi-même les informations auxquelles je prête attention.

Je ne regarde pas les magazines de société comme Sept à Huit qui me dépriment tant ils appuient un peu plus sur des sujets brûlants, mais je choisis des émissions comme Mille et une vie où l’on témoigne de difficultés tout en y insufflant une pointe d’espoir. On ne camoufle pas les tragédies mais on parle plus longuement encore de la façon dont on s’est relevé.

 Avec toutes ces informations on a l’impression que le monde va de plus en plus mal, mais le taux d’insécurité était pourtant bien plus important aux siècles derniers : les viols, les crimes se multipliaient, ils n’étaient simplement pas médiatisés comme aujourd’hui. C’est l’hyper information qui donne ce sentiment que le monde nous échappe.

En faisant du tri, j’ai pris la décision de vivre volontairement aveugle certes, mais plus dans le positif, plus dans le présent.

 Penser par nous même.

Le problème est que les médias ont pour intérêt de faire de l’argent. Ils multiplient les gros titres qui vous feront acheter et pour cela ils appuient sur des thèmes qui vous touchent.

Tel drame évité va faire l’objet d’articles une semaine durant. Ils font un cyclone de quelque chose d’insignifiant.

 Ressasser sans cesse les évènements passés et donner des suppositions sur l’avenir, voilà ce que nous permet la médiatisation incessante. On cherche à tout prix une explication, on en parle, on prend parti et cela est la porte d’entrée à un jugement qui nous sépare encore un peu plus les uns des autres.

 Ces jugements sont aussi clairement ambivalents. On a de la peine pour les migrants en Méditérannée, mais on oublie de s’intéresser au SDF assis sans bruit juste au pas de notre porte. On peste contre une certaine population mais on remercie gentiment celle ci quand elle nous rend service.

 Les médias sont tellement présents dans notre quotidien qu’ils nous empêchent de penser par nous même et de réfléchir avec discernement. D’ailleurs le monde qui nous entoure est une réelle machine pour nous éviter de penser. On a juste à s’asseoir devant la télévision pour qu’elle nous nourrisse d’informations, les robots cuisinent pour nous, les GPS nous indiquent la route sans même lire un seul panneau.

Nous nous sentons incroyablement impliqué dans le monde qui nous entoure, alors qu’en fait nous en sommes terriblement dépendants et nous en perdons peu à peu notre essence.

A force de se laisser guider par ce qu’il y a en dehors de nous, on en oublie d’être par nous même.

 Et si l’on commençait à se reconnecter avec nous même ? Pour moi, c’est primordial de se couper de tous ses jugements influencés par les médias pour s’écouter. Se recentrer sur l’essentiel. S’ancrer un peu plus dans ce que je ressens, ce qui me rend heureux, ce que je suis capable de faire par moi-même. C’est selon moi une bonne méthode pour éviter de sombrer sous la dérive des informations.

Parfois, entrainez vous à ne porter aucun jugement négatif sur vous ou sur les autres pendant quelques heures par jour, vous verrez à quel point cela est difficile, à quel point nous sommes conditionnés pour cela. Plus vous pratiquerez la méditation et vivrez en pleine conscience, plus l’exercice s’avérera facile.

 Contre l’entretien du climat de peur

Vous avez plus de chances aujourd’hui de gagner au loto que de mourir dans un attentat. Avez-vous commencé à jouer ? Non. Mais vous avez peur chaque jour en fréquentant la foule car ce climat de peur vous l’entretenait chaque jour. Et c’est surtout les médias qui l’entretiennent.

Voilà pourquoi je fais du tri. Quant je suis témoin de toutes ces informations, je suis incapable de les digérer car elles me rendent impuissantes. J’ai l’impression que ma place n’est pas assez grande pour être entendue, pour que mon idée ait un impact.

Gandhi a dit un jour : « Incarnez le changement que vous voulez voir dans le monde. »

Alors c’est sur, ce n’est pas en prenant part au discours haineux que vous allez arrêter la haine dans le monde. Ce n’est pas en mettant de côté certains que vous allez faire naitre la paix, car celle-ci ne peut être dans la division des uns et des autres.

Mais à votre échelle vous y pouvez quelque chose.

 Personnellement, je préfère réfléchir aux solutions qui existent pour rendre ce monde meilleur au lieu de simplement constater les dégâts en m’alignant au discours fataliste de la plupart de ceux que je rencontre.  Qu’est ce qu’on peut faire là aujourd’hui ? Le temps que je ne passe pas devant ces informations, dont je suis consciente au fond de moi qu’elles existent, je le passe à réfléchir, à trouver des idées créatrices, je suis toujours en ébullition.

 Il faut avoir conscience que l’on ne peut tout maîtriser et cela est rassurant tout à coup. Ce n’est pas notre faute si l’enfant que l’on élève devra vivre avec cela, s’il y a ce risque toujours présent dans votre vie. Mais vous avez le premier rôle quand il s’agit de le faire baigner dans un climat de paix et d’amour. Les enfants ressentent si vous perdez espoir, alors qu’eux sont votre espoir. Dans un monde qui semble aller si mal, si on ne crée pas des petits guerriers de l’amour, c’est la haine et la peur qui auront gagné.

 Se demander pourquoi avons-nous si peur pour l’avenir ?

La vérité est qu’on a peur pour l’avenir mais qu’on ne sait même pas pourquoi.

En voyant les informations, cela vous renvoie à la même inquiétude: l’instabilité de ce qui nous est acquis. Vous voulez que vos enfants soient heureux, vous voulez être heureux? Mais, qu’est ce qui vous en empêche là, aujourd’hui ?

 Voilà le problème avec le peur, c’est qu’elle vous empêche d’agir. La peur est le pire sentiment que l’on peut éprouver car elle incite à mettre de côté des expériences qu’on aurait bien tenté et des idées qu’on aurait pu concrétisé sans elle.

Pourtant, je crois qu’encore plus aujourd’hui, dans ce monde où l’on ne sait pas de quoi demain sera fait, il est important de revenir vers ses aspirations profondes.

 Souvent, vous ne faites rien de cette peur auquel les actualités vous renvoient, alors qu’elle peut vous aider à vivre encore plus pleinement. Regardez cette peur en face, et prenez conscience de tout ce que vous pouvez en faire. On ne voit que ce qui nous manque comme un cadeau. Apprenez à agir malgré votre peur !

 Enfin, ces évènements terribles nous font éprouver de la peur pour l’avenir car il nous remettent face à notre condition de mortel. Quelque chose que l’on oublie au quotidien.

Je suppose que chaque jour vous ne vous levez pas en vous disant “Je risque de mourir aujourd’hui.”. Mais soudain, après un évènement tragique, cette idée vous poursuit. Pourtant, dans les deux cas vous auriez raison.

Personnellement, je considère que chaque jour de ma vie pourrait être le dernier et ce n’est ni triste ni morbide, c’est vous qui le rendez ainsi, ou plutôt la société.

 J’en suis consciente, cela n’est pas tabou car j’y suis confrontée régulièrement à travers mon métier. Je n’ai pas peur de mourir, que ce soit demain ou dans cent ans. Voilà où ma vie a commencé a changé.

 Je n’ai pas peur pour l’avenir car j’ai foi en la vie. Je sais qu’elle saura m’ouvrir des portes, je sais qu’à travers des difficultés que je vais rencontrer, je sortirai grandie.

Surtout, plus j’avance et plus je crée du sens dans ce que je fais. Chaque jour, je tente de suivre ma mission de vie. Et cela ne me rend pas très différent de vous au quotidien, mais au fond de moi, j’ai toujours cette foi puissante en l’avenir, peu importe les évènements, peu importe les actualités que j’entends ou non, je sais que j’ai quelque chose à accomplir et que je ne finirai pas avant.

Ma route n’est pas encore toute tracée, ni parfaitement réalisée, elle peut même se modifier avec le temps mais je chemine tranquillement avec elle.

Ce qui m’a le plus marqué lorsqu’on annonce à des patients qu’ils ont une maladie qui engage leur pronostic et ce sentiment qu’ils nous confient, l’impression d’être passer à côté de sa vie, d’avoir fait des choses qui n’étaient pas essentielles pour eux mais de l’avoir découvert trop tard.

 Si toutes les informations que vous absorbez vous renvoie à votre peur de mourir, alors décidez dès aujourd’hui de vivre chaque jour comme si c’était le dernier. Vous verrez, la légèreté qui peut naître de ce sentiment… Alors seulement vous donnez de la place à la sérénité.