Ma spiritualité: quand la vie a du sens.

Vous me l’aviez demandé il y a quelques mois… Pour cet article, j’aurai voulu poser mes mots de la plus belle façon possible, mais aujourd’hui, avec le cœur grand ouvert, je sentais que c’était le moment. Je ressens quand le message que je souhaite transmettre va pouvoir percuter quelqu’un comme s’il tombait pile poil dans sa vie. C’est pourquoi j’ai pris ce moment pour vous écrire ceci.

C’est un sujet assez délicat et même assez tabou, notre religion, notre spiritualité. D’ailleurs est ce la même chose ?

 La spiritualité pour moi c’est tout ce qui est en lien avec ce qui nous dépasse. Ce qu’on ne peut pas voir ni toucher au sens commun du terme. C’est la conscience d’un ensemble de choses autour de nous qui nous porte, c’est être persuadé de cette « dimension parallèle » sans pouvoir l’expliquer de façon rationnelle.

La religion c’est avoir foi en un ou plusieurs Dieux, c’est cultiver cet amour chaque jour et quelque part, avoir l’impression qu’il donne un sens à notre vie.

Je ne suis pas religieuse, je suis profondément spirituelle.

 Je ne crois pas en un Dieu car on ne m’en a jamais parlé. L’image que j’ai de la religion est celle des églises, un lieu froid où l’atmosphère m’est pesante, un lieu où chacun a des règles à suivre (donner une pièce, reciter en cœur). Pour moi, la religion est quelque chose de très personnel et personne ne peut nous enseigner la foi. Dans le sens où si nous sommes fermés à cet enseignement, les mots ne pourront jamais pénétrer notre coeur. C’est une prise de conscience à avoir seul et non pas une valeur à inculquer. D’ailleurs, c’est ce que mes parents avaient en tête en ne me faisant pas baptiser, la nécessité d’avoir le choix.

 Je crois que les prophètes ont voulu transmettre un message qui a parfois été mal interprété. J’aime beaucoup la phrase du Dr Wayne Dyer : «Je ne pense pas que Jésus enseignait le christianisme. Jésus enseignait la bonté, l’amour, le souci de l’autre et la paix. Ce que je dis aux gens c’est de ne pas être chrétien, mais d’être comme le Christ. Ne soyez pas bouddhiste, soyez comme le Bouddha »

Je  crois exactement cela. Certains messages du passé voulaient nous enseigner l’amour inconditionnel, la tolérance et la paix et nous nous en sommes servis pendant des milliers d’années pour nous désunir, nous haïr, nous entretuer.

Il y a d’autres manières de rencontrer une force plus grande que nous. A vingt ans, lorsque tu entres pour la première fois dans la chambre d’un patient décédé, il te faut une certaine force pour ne pas t’écrouler. Il y a peu de temps, on m’a demandé comment j’ai fait pour aller dans ce métier là, dans ce service là ? En fait,  je crois que j’ai senti cette force à ce moment là. Je n’ai jamais trouvé la mort tabou, du moins je n’y avais jamais réfléchi. Et au moment où je l’ai vu, je l’ai accepté. Ce n’était pas dur ou déprimant. Le fait même de mourir n’est pas triste, c’est ce qui entoure ce décès qui rend les choses malheureuses. Les mères qui tombent dans vos bras, les femmes qui restent allongées au côté de l’homme qu’elles ne pourront plus jamais toucher après ce moment.

La mort, je crois que c’est la fin de quelque chose qui peut recommencer à l’instant suivant. Je me suis  intéressée aux expériences de morts imminentes, j’en ai eu des témoignages de patients et depuis je crois en un prolongement de notre âme quelque part. J’aimais préparer les personnes à franchir cette étape de leur vie comme si celle-ci était éternelle, comme on habille une personne que l’on aime pour un grand évènement. Un simple passage.

 La mort est souvent fêtée dans d’autres cultures, car pour ces peuples, ce n’est pas une perte. Il n’y a rien de triste à voir partir ceux qu’on a aimé. Car personne ne perd personne, c’est comme savoir qu’ils continuent à voyager à nos côtés sans pouvoir les voir.

Lorsqu’on doute de cela, on peut le sentir dans notre cœur.

 Et puis, peu importe leur âge, ces patients, je me disais qu’ils avaient accompli leur mission sur Terre. Ils pouvaient ne pas en être conscient, mais pour moi cette maladie, cette fin, c’était un choix d’incarnation, un événement juste. S’ils ne pouvaient pas s’en sortir c’était un signe que leur mission était accomplie, même s’ils ne s’étaient pas rendu compte par eux même de cet enjeu.

Je pourrais mourir demain car c’est peut être le seul message que j’avais à transmettre dans cette vie. Quelqu’un que j’aime pourrait me quitter, et tout en étant dévasté, je sentirais cette force intérieure, ce sentiment que cela a du sens. Cette perte me permettrait sans doute de franchir une autre étape de mon évolution. Sa mission était peut être de me permettre d’évoluer à travers mes larmes et cette personne ne l’aura jamais su avant de fermer ses yeux pour la dernière fois.

Je crois que nous avons tous quelque chose à accomplir, à transmettre, à donner et à vivre. Nous avons le choix de travailler cette incarnation en donnant le meilleur de nous ou en le travaillant de manière négative et en faisant souffrir. Certaines personnes tuent aujourd’hui au nom de la religion, c’est leur message, elles viendront dans une autre vie pour réparer cela.

Je ne crois pas en Dieu donc, mais je crois en la force de l’univers. Je n’aime pas l’idée que tout est régit par une seule et même personne, je crois plutôt en une force, sans visage et sans nom, une force dont nous faisons parti. Peut être que c’est ce que la religion enseigne je ne sais pas, je ne m’y intéresse que très peu. Ma spiritualité est plutôt liée au fait que mon âme est une énergie qui peut influer sur mon environnement comme les autres âmes le peuvent.

Au quotidien et de plus en plus, je crois en la loi d’attraction. Je crois que mes pensées construisent ma réalité. Soit je choisis de vivre ma vie dans la négativité, d’absorber une énergie de souffrance à travers les discours que j’entends, les informations, ma propre colère et je me dis à la fin que ce voyage n’était pas aussi bien que je l’aurai voulu. Soit je choisis que mes pensées soient le plus positives possible, j’accueille chaque rencontre le cœur grand ouvert, j’éprouve de la gratitude pour ce qu’il m’arrive et alors ce qui me revient est une énergie d’amour, de positivité.

 Oui, je  crois réellement au pouvoir des énergies. Au-delà de notre corps, je peux sentir l’énergie qui se dégage des personnes que je croise. Je ressens sans ne rien dire ou ne rien faire qu’elles sont tristes ou heureuses. Lorsqu’elles sont en colère, je suis touchée par leur énergie qui prend toute la pièce et soudain je suis incapable de respirer, je me sens bloquée, je dois sortir. Même quand leur colère ne provient pas de moi.

 Je crois que j’ai beaucoup de chance dans ma vie, depuis enfant, j’ai l’impression d’avoir ce qu’on appelle une bonne étoile, un ange gardien, quelqu’un qui veille sur moi. Je n’ai rien à cultiver pour qu’il ne veuille que mon bonheur. Je mélange un peu l’univers avec cette bonne étoile, je ne sais jamais comment la nommer.

Pour moi, lorsque nous faisons les choses avec justesse, quand nous sommes aligné avec notre mission, nous recevons cet amour et l’impression d’être guidé. Lorsque nous ne sommes pas alignés, que nous rejetons notre mission (ce qui est naturel et passionnant pour nous), alors nous recevons le signe que l’on doit changer de voie. Ce jour où l’embrayage de ma voiture a cassé avant un entretien d’embauche d’un métier que je ne souhaitais plus faire, ce jour où j’ai rencontré mon chéri alors qu’il devait être en Australie, comme un imprévu. Cette âme là est celle qui m’a le plus permis d’évoluer de toute ma vie.

Plus vous serez attentif aux signes, plus vous pourrez prendre la voie la plus juste pour vous.

Cela marche souvent lors des rencontres. Je ne crois pas au hasard mais un peu comme dans le Truman Show, l’univers place sur notre route les bons personnages au bon moment. Parfois, je vois une personne pour la première fois et je ressens une profonde connexion avec elle, je n’en parle pas toujours mais peu de temps après, avec quelques échanges je découvre que tout est simple avec elle comme si je la connaissais depuis toujours. Peut être dans une autre vie. Pourquoi pas au final? Nous n’en serons jamais sur.

 Quel est le lien alors aujourd’hui avec le développement personnel? J’ai entendu parler une jeune soeur une fois et ces mots m’ont troublé. Je ne m’étais jamais intéressé à leur quête jusqu’alors mais ce qu’elle disait, c’était qu’elle consacrait sa vie à Dieu car c’était un moyen de mieux se comprendre, d’évoluer, d’éprouver l’amour inconditionnel. Que quand elle priait, elle donnait à sa vie du sens, elle comprenait un peu mieux cette quête du bonheur. Cela sonne tellement juste.

Nous ne développons pas tous une spiritualité. Parfois, j’ai l’impression que ceux qui ne croient en rien perdent quelque chose et puis je me dis que je n’ai pas à le juger. Je crois que nos vies sont faites de plusieurs cycles. Je sais que le mien est le numéro 9. J’ai acquis au fil du temps certaines choses et peut être que pour d’autres il faudra plus de temps. Je ne peux que transmettre ce que je comprends, sans volonté de changer qui que ce soit. Comme un avis qui vient se poser là et qui vibrera chez celui qui le comprend.

Peut être que les personnes qui croient profondément en Dieu pensent que je n’y comprend rien. C’est juste, car comme je l’ai dit, la spiritualité est une quête personnelle. C’est sans doute pour cela que l’on aborde très peu ce sujet, et en même temps comme cela me semble important de discuter sur ce thème. Si ce n’est pas cela parler de notre vision de la vie, se poser des questions existentielles, donner du sens à nos actions alors qu’est ce que c’est? Je crois profondément au pouvoir des échanges pour nous faire grandir.