Je voulais vous parler de Paris…

Je voulais vous parler de Paris.

Mais soudain l’inspiration s’arrête pour ne me laisser que des images qui défilent dans ma tête comme sur un écran.

Je pourrai vous parler des pierres blanches du sacré cœur, des panneaux du métro, de la hauteur de la Tour Eiffel. Mais tout cela, vous le connaissez déjà. Vous l’avez déjà vu, parfois vous passez même devant chaque jour sans vous émerveiller.

Parce que cela vous ai connu, un peu moins magique surement.

En fait, je ne vous apprendrais rien en vous disant à quel point c’est beau et imposant.

J’ai vécu une drôle d’expérience en allant à Paris le mois dernier. J’avais ce souvenir de Paris enfant, une ville grise, où les gens se bousculent dans le métro, font la tête et nous donnent envie de fuir.

Je l’avais vu sous la pluie et je me souviens des vêtements qui collent aux jambes et des pieds mouillés à force de marcher dans les flaques.

Je ne levais pas souvent la tête, alors j’ai plus le souvenir de mes pas sur le bitume que des merveilles que j’avais croisé.

Mais à Paris cette fois ci, la première chose que j’ai vu en sortant de la gare de Lyon, c’était le soleil.

Une découverte qui a changé complètement ma vision et a remis à jour ce que je pensais de cette ville.

J’avais un regard plus mature maintenant, celui de celle qui cherche définitivement où poser ses valises.

Amoureuse du Sud, je ne peux m’empêcher de me projeter quasiment à chaque nouvelle escapade.

Je me dis que j’ai le choix du monde entier pour cela et même de ma vie toute entière, alors juste au cas où, je visualise, pour les prochaines années, le prochain pays ou la prochaine ville qui fera vibrer mon cœur.

Paris et son charme inouï, la tendresse de ses nappes rouge en terrasse, les femmes chics qui rient de bons coeur et les hommes qui fument leur cigarette en lisant un roman d’une main. J’en suis tombée amoureuse.

Folle de ses ruelles pavées, de ses péniches, de ses artistes. Ceux qui tirent le portrait des touristes à Montmartre,  ceux qui jouent du piano au milieu de la route, et ceux qui défient la gravité sur un fil entre ciel et terre.

Passionnée par cette architecture qui te fait dire qu’il y a eu du vécu ici, une histoire. Les murs en ont connus des âmes, en ont vu passé des doigts qui s’aventurent doucement pour en saisir les courbes.

Je me suis sentie bien dans cette ville. Moi, je me suis sentie bien à Paris et c’était la dernière chose que j’aurai pu en dire avant mon départ.

 J’avais presque envie de ne jamais rentrer chez moi.

Pour avoir toujours quelque chose de nouveau à faire le week end, profiter des beaux jours en pique-niquant près des bords de seine.

L’hiver, pourquoi pas, déguster une pâtisserie dans un café en écrivant ces lignes…

J’ai voulu prendre en photo le pont des Arts et ses milliers de cadenas, mais ils avaient tous disparus. Les yeux en l’air comme toujours, j’ai découvert au bout d’un lampadaire, comme s’ils avaient été laissé là pour retenir ma peine, quelques résistants perdurant leur danse au rythme du vent.

La ville de l’amour, c’est une expression qui fait cliché, mais j’ai pourtant bien senti cette énergie positive, comme une flamme qui vient réchauffer les cœurs un peu partout au fil de ses avenues.

 Je n’ai pas du tout senti la peur liées à ses anciennes blessures, mais la vie qui éclate encore à chaque instant. Les cris des enfants, les mères qui gardent tout près d’elles leur nourrissons et les couples qui se forment au fil des sourires et des regards séducteurs.

 Je voulais vous décrire Paris mais après tout, peut être que je n’ai pas compris grand chose à cette ville. Je ne suis rentrée dans aucun musée, je n’ai écouté aucun guide, j’ai simplement prêté attention à mes impressions, mon âme qui s’alimentait de celle de la ville et de cette légèreté qui semblait voler partout.