Voyage au coeur de l’enivrante Barcelone

Barcelone a été notre premier voyage tous les deux. Le premier d’une longue série.

Un peu comme si l’on avait enclenché un engrenage lorsque nos pieds ont touché le sol de l’Espagne ensemble pour la première fois. Cela faisait trois semaines que nous nous étions rencontrés. A la suite d’une ballade ensemble, nous avions eu l’idée de partir quelque jours là bas, sur un coup de tête, comme toujours.

J’avais adoré la ville, la plage, les litres de sangria, les paellas dégustées en terrasse et l’espagnol qui chantait à mes oreilles tout au long de la route.

C’était l’occasion de mieux se rencontrer tous les deux, en dehors de nos habitudes, se trouver là où l’on ne se connait pas nous même.

Tout sonnait juste dans cette expérience, c’est pourquoi aujourd’hui encore, les souvenirs de ces instants restent  imprégnés en moi avec la même chaleur.

J’ai eu un coup de cœur pour Barcelone, en dehors de la ville elle-même, c’est cette rencontre qui m’a marqué. Ce souvenir d’une histoire qui nait au fil des jours, les éclats de rire qui se fondent dans le silence et touchent un peu plus près mon cœur. C’était embellir des moments qui seraient apparus comme anodins chez nous, et qui là bas, ne l’étaient pas du tout.

Alors nous y sommes retournés, comme un pèlerinage. Après notre voyage en Grèce, que nous avons quitté le cœur lourd, nous avons décollé pour l’Espagne à nouveau et rejoint notre ville de cœur : la belle Barcelone.

Nous logions chez l’habitant dans un quartier populaire. L’hôte travaillait de nuit et nous avons peu eu l’occasion de parler, mais sa bienveillance était agréable malgré tout. De toute façon, je dois l’avouer, nous n’étions pas là pour les rencontres, mais pour retrouver chaque lieu qui nous avait marqué lors de notre premier voyage, le plus rapidement possible car nous ne restions que deux jours.

Le soir même de notre arrivée, nous nous installons dans un restaurant sur la Rambla, la plus longue avenue de Barcelone et aussi la plus fréquentée. Touristique au possible, mieux vaut choisir un endroit pour manger dans une ruelle parallèle, mais nous repassons devant le restaurant bon marché et délicieux qui nous avait convaincu la première fois, alors nous y restons, en faisant abstraction de la foule qui défile sous nos yeux.

La paella nous avait manqué, personne ne la fait de cette façon en France, celle-ci a une saveur bien particulière, celle du lâcher prise et de l’exceptionnel.

Nous partageons un litre de sangria et puis après quelques verres, redescendons l’avenue. Nous repassons devant la boite de nuit qui avait marqué notre première soirée l’année précédente. Nous avions pu entrer gratuitement grâce à des hôtesses devant et je dois avouer, moi qui n’aime pas vraiment les boites en France, que celle-ci était la plus géniale que j’ai jamais connue. Tout le monde dansait sans exceptions, tout le monde chantait le plus fort possible et la centaine de personnes présentes semblait former une seule et même âme. Tous en harmonie les uns avec les autres, un contact facile, de bons fous rires. Des ingrédients suffisants pour qu’un large sourire se dessine sur mon visage en la retrouvant de loin.

 Le lendemain, nous décidons de fréquenter les ruelles alentours de la Rambla. Nous passons à nouveau à la Placa Reial où un vieil homme fait une démonstration de Flamenco. Cette place aussi est magique et fait remonter de bons souvenirs. Et puis nous découvrons une rue qui ressemble à Camden Town à Londres avec ses boutiques de vêtements et tatoueurs. Pas loin, nous prenons notre petit déjeuner dans une des immenses boulangeries présentes, pour moins de cinq euros à deux. Devant l’atmosphère cosy du lieu, nous envisageons d’ouvrir un jour quelque chose ici, nous nous projetons bien, c’est un espace étendu où l’on se sent de faire comme chez soi, travailler, échanger entre copines ou simplement manger sur le pouce. Nous rêvons à un futur plein de légèreté, peut être le germe d’un prochain rêve.

En descendant un peu plus vers la mer, nous sommes embarqués à Barceloneta le quartier entre le centre ville et la mer. Nous profitons de la plage où l’eau est plus chaude que partout ailleurs durant notre voyage, surtout par rapport au Portugal…

Nous passons au Mare Magnum, un centre commercial immense où mon instinct féminin reprend le dessus après deux semaines de parfaite simplicité en Grèce et nous profitons d’une ballade sur le bord de mer pour nous laisser réchauffer par les rayons du soleil.

A Barcelone, l’invitation à la fête est partout. Un couple se met à danser la salsa juste devant tes yeux pour leur seul plaisir, un groupe de musiciens se rassemblent un peu plus loin pour entamer un partage de leurs rythmes et influences. Les jeunes de tous horizons enterrent leurs vies de jeune homme, ils t’accostent pour participer à un gage dans une ambiance bonne enfant.

Même le soir, la ville reste animée. Il faut savoir qu’il est difficile de trouver des espagnols au centre de Barcelone, la plupart sont des touristes venus pour faire la fête car le prix de l’avion dépasse toute concurrence. Certains habitants s’y plaisent encore, d’autres pestent contre le nouveau visage qu’a prit leur ville qu’ils ne reconnaissent plus.

Au cours du séjour, nous sommes partis à la recherche d’une Barcelone plus apaisée, notamment en visitant le parc de la Ciutadella où les gens passent leur après midi à voir défiler le temps et les personnes sous leurs yeux. Nous sommes aussi allés voir le Parc Guell à l’architecture si particulière et reconnaissable entre toutes.

Nous n’aimons pas réellement les visites de musées, mais nous avions craqué la première fois pour la visite guidée de la Sagrada Familia, à prévoir sur internet pour éviter l’attente. L’extérieur terne ne laisse pas présager cette lumière à l’intérieur, ce souci du détail pour un chantier qui a passionné l’architecte pendant la majeure partie de sa vie. Nous sommes restés vraiment stupéfiés devant ce travail.

A Barcelone, il y a des essentiels et à la fois la liberté. La liberté de se laisser perdre dans chaque quartier en tentant de voir ce qu’il nous apportera. La liberté d’un vie douce et calme ou au contraire plus festive. Notre séjour à Barcelone s’est fini assez vite, nous avons repris la route ensuite, direction Tenerife, en gardant cette légèreté en nous. L’avion décolle à nouveau mais nous savons que nous ne faisons pas nos adieux à cette belle ville à laquelle nous sommes si accrochés.