Lettre à moi même : Ce que j’aurai aimé dire à Lucie, 17 ans.  

Est-ce que cela me semble important de t’écrire aujourd’hui ? Sans doute. Car comme tu le sais les mots sont la seule chose qui me transporte.

Ils nous aident à passer des messages bien plus forts que lorsqu’on parle du bout des lèvres et que la pudeur nous empêche d’avouer bon nombre de choses que l’on aimerait dire.

Si je t’écris, ce n’est pas pour que tu ais peur d’avancer. Je voudrais te dire que tu prendras toujours le bon chemin, je voudrais te décrire la façon dont tu vas grandir. Mais c’est difficile car encore aujourd’hui, parfois, j’ai du mal à comprendre.

Je sais que tu n’écoutes personne et que tu crois tout connaître, si je  te donne un conseil aujourd’hui et que tu ne souhaites pas t’en souvenir, il servira peut être à d’autres, c’est toujours ça.

Lucie, tu vas être en colère souvent, tu vas taper du point, lever la voix et t’indigner de centaines de choses. J’aimerai te dire que cela passera avec le temps, mais c’est faux. Tu tu te battras sans cesse, tu seras toujours touchée des inégalités autour de toi. Tu pleureras sans savoir pourquoi en voyant quelqu’un dormir dans la rue, des personnes qui ont passé leur vie à travailler et se retrouve sans rien.

Rappelle toi cependant, que c’est cette sensibilité qui fait ta force. Tu crois toujours que tu peux englober le monde dans tes bras minuscules, tu as cette volonté de regarder chacun comme s’il était parfaitement unique…

Parfois même  tu penses pouvoir soutenir sur tes épaules toute la misère du monde, mais tu découvriras un jour que tu ne peux accueillir toute cette souffrance à l’intérieur de toi, même s’il y aurait la place je sais, elle finirait par te bouffer, te rendre folle, te faire plier.

Et le monde a besoin de personnes positives et fortes pour continuer à tourner. Tu offriras ta lumière et déjà, tu te sentiras apaisée. Quelque part en toi, quelque chose se calmera avec le temps. Tu verseras toujours tes larmes, un jour, tu les accepteras.

 Lucie, tu crois qu’on est adultes à 24 ans, mais à vrai dire, je ne compte plus les années depuis ton âge. Tu te sentiras toujours « trop jeune » jusqu’au jour où tu arrêteras d’en faire un complexe. Tu auras souvent un train d’avance. Ta faculté à réfléchir tout le temps donnera cette étincelle de maturité que les autres voient en toi, ce sera souvent une occasion de ne pas te sentir à ta place, et puis tu rencontreras des personnes qui te ressemblent et ce sera fini.

 La chose vraiment positive avec l’âge, c’est que plus tu vieillis, plus les vieux semblent jeunes à tes yeux. Finalement, la jeunesse ne s’arrête jamais. En plus elle peut rester dans l’esprit quand ton corps ne la représente plus. Tu riras et joueras comme une enfant, tes amis auront n’importe quel âge, tant que tu sens ce truc qui te porte vers eux. C’est la simplicité d’un éclat de rire qui fondera bien souvent ton bonheur. On te parlera de la vie d’adulte mais souvent, tu ne sauras pas dans quel groupe te placer.  Tu espèreras secrètement ne jamais tomber dans ce piège.

 Et si on parlait d’amour ? Aujourd’hui, à 17 ans, tu crois que la personne qui partage ta vie t’apporte ce qu’il  y a de mieux pour toi. Mais tu vas en essuyer des larmes. Tu auras l’impression de ne plus jamais pouvoir aimer. Avec le temps, tu t’enrichiras, tu ne chercheras plus vraiment quelqu’un et une belle âme tombera du ciel. Je sais, on aurait pu te dire avant que ça marche toujours comme ça. On aurait pu te prévenir que la première histoire ne fonctionne jamais. Comme s’il fallait un cœur qui a souffert pour aimer vraiment.

Mais un peu comme il faut s’être déjà brûlé pour comprendre le pouvoir du feu, dans ce parcours, chaque chose était à sa place, c’est ce que je crois.

 Tu ne sauras pas quoi en penser, tu n’oseras peut être plus y croire, comme si « l’amour de ma vie », n’était plus quelque chose que tu cherchais. Mais au fond, un jour tu sauras ce qui est bon pour toi, tu seras respectée pour ce que tu es, sous toutes ses formes, et ça changera tout.

 Parfois, tu ne sauras pas vraiment où la vie veut te mener, tu passeras une journée ou deux, entières, à pleurer ou à rugir, parce que tu n’y comprends rien. Mais il faudra continuer à danser car une âme perdue n’a pas de raison d’être. Tu retrouveras ton « pourquoi », tu continueras ta danse, et bien plus souvent encore, ce sera toi qui guidera le pas de ceux qui ont perdu de vue la route.

 Mais la chose la plus importante, Lucie, c’est de te laisser la liberté. C’est souvent ce que tu crois être ton plus gros défaut, qui se révèlera ton plus gros potentiel.

Tu as cette petite mélancolie qui te bouscule le matin sans frapper, alors tu mets une musique qui ferait pleurer la plupart des êtres humains et tu commences à écrire. Ce que tu crois n’être qu’un vomissement pour faire taire ce bouillonnement intérieur, c’est ça. Il est là ton trésor, alors n’ais jamais honte de parler de cet amour de l’écriture, qui t’as toujours guéri, qui t’as toujours porté et qui demain, je l’espère, te fera prendre le large, pour vivre cette passion pleinement.

La créativité est au cœur de ta vie, aborde là à sa juste valeur, ne laisse personne juger cela.

 Tu as un pouvoir, ne fais pas comme la plupart des gens qui l’abandonnent en grandissant, conserve le et développe le.

Ne serait ce que pour ton propre bonheur. Et souvent tu verras qu’il fera naître aussi chez l’autre, un sourire, un élan d’inspiration, cette petite flamme qui vient du cœur et donne l’impression que nous sommes tous connectés.

 Arrête de douter de toi, prend confiance en ta valeur. Aujourd’hui, tu as peur d’être jugée, mal regardée, mal aimée. Tant que tu feras de cette idée une valeur sûre, la vie t’en donnera les preuves.

 Aujourd’hui tu crois sans doute que tu n’es pas capable de grand-chose, et pourtant tu sauras apprendre quelques notes de guitare « à l’oreille », créer un site internet, ouvrir ton entreprise, participer à la survie d’un Homme, sécher quelques larmes sans toi-même tomber en larmes, tenir la main de quelqu’un en train de quitter ce monde, conduire, faire le grand écart, partir à dix mille kilomètres de chez toi. Bref, tu croiras que de grandes choses te sont impossibles et tu les réaliseras.  C’est comme ça que ta confiance grandira.

Un jour, tu t’émerveilleras de ton parcours, de ce que tu as fait.

Ta bonne étoile, celle que tu ressens comme une chance dans ta vie, sera toujours à tes côtés, et même encore plus présente.

De belles choses viendront toujours s’ajouter, la route sera fluide.

 Lucie, tu ne soupçonnes même pas à quel point le monde est complexe et la vie si simple. Elle s’écoule toute seule comme l’eau entre ses doigts.

A toi d’en faire un trésor.

Tu as un grand pouvoir créateur dans ta vie, plus grand que le fait de construire sa maison, de donner vie à ses enfants, de faire des plans.

Peu à peu, tu vas découvrir les lois universelles et cela va changer ta vie. Tu écriras des chèques à l’univers et celui-ci te répondra.

Tu vas te rapprocher de cette connexion au Tout, tu t’émerveilleras un jour de ce qui est autour de toi, tu verras chaque parcelle d’un arbre comme un message, tu te poseras des questions existentielles et même si les réponses sont floues, elles te permettront de gagner foi en la vie.

Je sais que cela te fait sourire.

Mais si tu penses être heureuse aujourd’hui, j’ai envie de te dire que tu réviseras ton échelle: tu le seras bien plus avec le temps.

 C’est vrai, aujourd’hui, tu veux à tout prix réussir, tu connais à peu prêt ta route, études, travail d’infirmière, évolution, retraite, tout semble déjà programmé. Mais à l’heure où je te parle, je ne sais pas où tu vivras dans six mois. Oui, tu vas mettre un coup de pied dans la fourmilière et tu partiras en voyage. Car un jour, tu réaliseras que dans la vie, l’important est d’abord de faire ce qu’on aime vraiment.

Toi, la rigide, perfectionniste, angoissée de la vie, tu partiras, la boule au ventre, et tu apprendras à travers les sourires, les expériences, à lâcher complètement prise sur ce que tu pensais être la vie.

Tu as pris ce chemin d’infirmière car on a t’a toujours dit qu’il fallait la sécurité, que dans d’autres voix il n’y avait pas de débouchés, et tu l’as cru. C’est le monde, qui tentait de te faire entrer dans son moule en bénissant ton inconscience. Mais tu te réveilleras et tu verras, cela aussi c’était juste. Juste pour te permettre de t’en détacher d’autant mieux.

 Ne les écoute pas te dire que tu vis la plus belle période de ta vie, c’est faux.

Dès demain, tu verras que chaque année sera de plus en plus belle, car tu te réveilleras enfin. Tu prendras en compte ta capacité à agir et pas simplement à suivre ce que l’on t’a dit qu’il était bon de faire. Je sais que tu ne me crois pas aujourd’hui, mais tu le feras.

 Ce que je veux te dire enfin, c’est te prévenir que ta colère n’est rien d’autre que ton égo qui se sent puissant tant qu’il y a du drame autour de lui. Non, ce n’est pas toujours la faute des autres, et ce que tu retrouves de détestable chez les autres, est d’abord en toi. Reconnais ces deux parties de ton âme, apprivoise les.

Ta vie sera tellement plus simple quand tu te concentreras davantage sur ce qui te fait sourire, sur ce qui est positif. Ce n’est pas l’évènement qui est douloureux ou dramatique, l’évènement est, c’est ta façon de l’interpréter qui fait de ta vie une merveille ou une copie raturée.

Des moments de douleurs, tu en auras aussi, ce sera l’occasion de te sentir encore plus forte, de regagner foi en l’avenir, et d’aimer.

 Oui, si je devais te dire aujourd’hui de faire quelque chose de mieux, c’est d’aimer. D’aimer chaque être humain que tu croises, de le regarder avec ses imperfections et d’accepter cela, de te dire qu’il fait toujours de son mieux, comme toi. Aime encore plus car jusqu’à ce jour, je ne sais pas jusqu’où est la limite de l’amour dans ton cœur. Il y a de la place pour tous. Pour le sourire de cette femme qui fait la manche, pour cette personne qui t’énerve sans cesse, pour celle qui t’as blessé, avec laquelle tu ne t’entends pas, qui ne fait que cracher sa haine. Un jour, tu l’aimeras aussi car tu reconnaitras sa souffrance. Toute occasion sera un moyen d’aimer.

 Et puis tu sais, si le chemin était à refaire, je crois que je ne changerai rien, alors fonce et fais les choses ainsi. Recommence tout de la même façon, car là où tu en es aujourd’hui, tu ne peux même pas imaginer, à quel point la vie est devenue magique, puissante, foncièrement différente.

C’est fou quand j’y pense, et à choisir, je ne reviendrais pas à ta place.

Alors toi aussi, continue, sans jamais pleurer pour les moments déjà passés. Fais de ta vie un miracle, car c’est un miracle que de pouvoir te réveiller chaque matin le cœur battant et pleinement en forme. N’affronte « pas » chaque jour, vibre avec lui. Je voudrais entendre ton rire dans l’air chaque jour, je voudrais que ce soit ce dont on se rappelle.  Je voudrais que les larmes qui se glissent dans tes yeux soient des nuages qui ne font qu’assombrir l’éclat du soleil, tout en sachant qu’il est juste derrière. Fais briller ta lumière, trouve ta puissance et ne doute jamais que la vie est ce cadeau que l’on t’a fait sans ne rien demander en retour, même lorsque tu ne la comprends pas…

 Je voudrais que les larmes qui se glissent dans tes yeux ne soient que des nuages qui ne font qu’assombrir l’éclat du soleil, tout en sachant qu’il est juste derrière. Fais briller ta lumière, trouve ta puissance et ne doute jamais que la vie est ce cadeau que l’on t’a fait sans ne rien demander en retour, même lorsque tu ne la comprends pas…